Plus de femmes et de jeunes sur la photo, c'est bien... mais pour quoi faire?


La diversité, ce n'est pas une histoire de photo, mais de volonté stratégique.

L'image a fait l’unanimité sur les réseaux sociaux : les quatre ministres finlandaises, souriantes, élégantes, et surtout âgées de moins de 34 ans, ont déclenché des vagues de commentaires enthousiastes. Tous tournaient autour du thème « on a encore du boulot en France » ou encore « la Finlande nous montre la voie »… alors que lesdites jeunes femmes, fraîchement nommées, n’avaient encore rien dit, rien fait, rien décidé. Comment alors affirmer que leur présence au gouvernement allait vraiment changer le destin de la Finlande, et que les autres pays devraient s’en inspirer ?


L’épisode rappelle les commentaires enflammés qui avaient suivi l’élection d’Emmanuel Macron : plus jeune président de la République Française, il symbolisait alors, à lui tout seul, la promesse d’une politique radicalement différente, débarrassée de ses « vieux réflexes ». Le tout devait, automatiquement, offrir aux Français un futur radieux, puisqu’inspiré par un président, et un gouvernement, munis d’un argument magique : leur date de naissance.


Depuis, la réalité des sondages est là : Emmanuel Macron a perdu 32 points d’opinions favorables en 30 mois, se situant dans la même moyenne que ses prédécesseurs. Son âge? Plus personne n'en parle. En revanche, les critiques fusent sur le manque de diversité culturelle, sociologique, idéologique, de son gouvernement.


C’est pour les mêmes raisons que certains secteurs de l’économie suscitent aujourd’hui le rejet d’une partie croissante de l’opinion : si les start-ups, le monde de la finance ou encore les médias sont accusés de tous les maux, c’est parce qu’ils sont perçus comme emplis de stéréotypes : des individus arrogants, durs, déconnectés du « terrain ». La preuve : la féminisation du journalisme, statistiquement bien réelle, n’a pas empêché cette profession de voir son image dégringoler dans l’opinion.


La diversité, ce n’est pas s’entourer de femmes ou de jeunes sortis des mêmes écoles


Pourtant, dans les entreprises, les dircom recherchent tous la même chose : des femmes, ou des jeunes (si possible les deux) à mettre en avant. Pour montrer que leur entreprise investit dans des projets portés par des femmes. Qu’elle « incube » des idées de business développées par des jeunes. Bref, qu’elles intègrent la modernité et la diversité, et qu’elles bâtissent sur cette notion toute leur communication d’entreprise.


Mais c’est se tromper d’objectif. L’important n’est pas le costume, ou la robe, mais le fond du discours du dirigeant : sa vision, son courage, ses priorités. La façon dont il intègre, dans sa stratégie, les évolutions du monde qui l’entoure. Et surtout, la façon dont il est capable de diversifier son entourage.


Ce qui ne consiste pas, en soi, à embaucher des jeunes ou des femmes : s’ils sont tous sortis des mêmes écoles, ils n’apporteront rien de bien nouveau. Le vrai enjeu consiste à faire vraiment de la place, dans les organes de direction, à des diversités d’origine sociale, éducative, culturelle, géographique. Et à les écouter, à intégrer leurs points de vue.


C’est difficile, long, compliqué ? Oui. Nous avons tous tendance à nous entourer de qui nous ressemble, c’est humain. Mais parvenir à réaliser ce vrai mélange reste le seul moyen de faire évoluer, durablement et réellement, la stratégie de l’entreprise et son image. Et à convaincre les médias de son intérêt.


Tout simplement parce que cette évolution sera basée sur des faits et des décisions concrètes. Plus concrètes que la photo de quatre jeunes femmes, encensées avant d’avoir commencé leur travail de ministre – qu’on leur souhaite plein de succès, bien sûr ! Mais en tant qu’individus, pas pour ce qu’elles représentent.


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